N. Zajde, La Patiente du jeudi


À l’occasion de séances de thérapie, l’échec intime des relations amoureuses de Mona bascule vers l’histoire collective lorsqu’une langue qui lui est inconnue s’invite sous hypnose : le yiddish. Elle se voit bientôt habitée par un dibbouk, figure du folklore juif incarnant la rémanence d’un passé non apaisé.
Le roman met ainsi en lumière la force du transfert intergénérationnel et la persistance de traumatismes familiaux - ici hérités de la Shoah - longtemps enfouis.

Pages tournées

L. Steeds, L'Artiste

1920. Joseph Adélaide est un jeune journaliste britannique fasciné par le célèbre peintre Savinien Goubert. Lorsqu’il est invité à séjourner dans la demeure provençale de l’artiste, il espère percer le secret de son génie.Mais l’accueil qui lui est réservé est glacial : Savinien vit, solitaire, avec son étrange nièce Suzanne, exclusivement dévouée à son oncle bourru, exigeant et imprévisible.Peu à peu, la discrète jeune femme intrigue davantage Joseph que le peintre lui-même. Et bientôt, sur fond d’amour naissant, Suzanne lui révèle un secret qui bouleversera tout ce qu’il croyait savoir de l’art et du génie.

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G. Baum, T. Dedieu, Mon cher ennemi

Les lettres qu’ils s’échangent avec ferveur sont le cataplasme, apaisant et rédempteur, que Gaspard Goupil et Jeannot Lapin ont choisi d’appliquer sur leurs plaies fraîchement rouvertes. Et si, pour la forme (ennemis jurés obligent ! ) ils s’agonissent d’abord d’injures et de sarcasmes bien sentis, dans le fond, ils ont surtout le besoin viscéral de partager.Partager le souvenir d’un événement funeste.Partager l’indicible vérité. Les torts et les responsabilités.Partager enfin une réconfortante amitié. D’autant plus sincère, qu’elle non plus n’avait rien de prémédité.

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P. Sénécal, Civilisés

Fidèle à la plume retorse de Patrick Senécal, Civilisés est un thriller où le cynisme et l’absurde servent une critique acerbe de notre société.Il suffit parfois de quelques règles en moins — ou en trop — pour que le vernis de la civilisation se fissure.Imaginez en effet un Koh-Lanta qui vire au cauchemar : douze volontaires, isolés et observés dans le cadre d’une expérience scientifique dont ils découvrent progressivement les règles. À mesure que les tempéraments se dévoilent, les tensions s’exacerbent, la violence affleure et les « éliminations » prennent un sens bien plus littéral qu’attendu.Et le paradoxe tient en ceci : le lecteur en redemande. Senécal parvient à rendre cette dérive aussi inquiétante que captivante.

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C. Davies, L'Eclaircie

Éclaircie, ou la rencontre inattendue de deux taiseux que tout oppose : l’un vient exproprier l’autre, qui veut rester.Ils s’observent d’abord.Par les gestes, puis par les mots, ils s’apprivoisent.La langue elle-même, d’étrangère, devient un lien fragile entre eux.Une amitié se noue enfin, presque à leur insu.Autour, la nature, vaste et tempétueuse, impose sa loi. Elle aussi isole autant qu’elle rapproche.

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R. T. McKay, Vertiges

Un roman qui s’ouvre comme une romance, un peu lente, portée par une atmosphère d'abord envoûtante, puis de plus en plus intrigante.Un couple part en Italie pour célébrer sa lune de miel. Tout semble parfait… jusqu’à ce qu’un message anonyme soit glissé sous la porte de leur chambre : son mari lui ment.Dès lors, tout vacille. Le personnel de l’hôtel, les nouveaux amis, les souvenirs eux-mêmes : tout devient suspect.

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J. P. Pomare, 17 ans plus tard

Qui a poignardé la famille Primrose ?Un thriller très addictif, qui réunit tous les ingrédients du genre : zones d’ombre, fausses pistes, rebondissements… Mais au-delà de ces codes parfaitement maîtrisés, ce sont surtout ses nuances qui retiennent l’attention.L’originalité tient tout d’abord au choix du point de vue : l’enquête est menée par une célèbre créatrice de podcasts, Sloane Abbott. Le récit, dynamique, progresse au rythme de ses investigations et de la construction de ses futurs épisodes, renforçant ainsi l’immersion.Autre particularité : le coupable est connu. Bill Kareama, jeune cuisinier maori, a été condamné à l’issue d’un procès expéditif. Lorsqu’elle rouvre l’affaire, Sloane cherche avant tout à mettre en lumière les failles du système judiciaire. Mais à mesure que l’enquête avance, les certitudes vacillent et le doute affleure. Et si le coupable n’était pas Bill ?

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L. Barclay, Je vais te détruire

Alors qu’il a courageusement sauvé l’établissement du Connecticut où il enseigne d’un attentat, Richard Boyle, professeur de littérature, passe brutalement du statut de héros à celui de coupable. Les parents du jeune kamikaze décident de porter plainte contre lui, tandis qu’un maître chanteur commence à le harceler.

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A. A. Michaud, Baignades, Rivages

Un polar québécois en deux temps, presque deux récits en un.D’abord, cet événement anodin qui devient ce petit caillou dans l’engrenage… et fait basculer une mère et sa fille vers la catastrophe : meurtre, fuite, séquestration.Un ensemble sombre et efficace, malgré quelques longueurs.

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G. MacMillan, La Nanny

Jocelyn, fille du couple Holt propriétaire du Manoir de Lake Hallet, est laissée aux bons soins de Hannah, sa nanny dévouée. Lorsque celle-ci disparaît subitement, la petite fille demeure inconsolable, d’autant que Virginia, dénuée de tout instinct maternel, ne semble prendre que peu de plaisir à s’occuper d’elle.C’est donc sans joie aucune que, devenue adulte et veuve, Jocelyn se voir contrainte de retourner vivre au manoir avec sa propre petite fille, Ruby. Lors d’une promenade en kayak, Jocelyn et Ruby découvrent un crâne dans le lac de la propriété. Et s’il appartenait à Hannah ? Et si sa disparition était en réalité le fruit d’un assassinat ? Et pourquoi Virginia semble-t-elle si coupable ? Et que fait finalement Hannah devant la porte des Holt au lendemain de la macabre découverte ? (quatrième de couverture).

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Duranty, Le Malheur d’Henriette Gérard

En bon disciple de Champfleury, Duranty nous propose avec Le Malheur d’Henriette Gérard (1860) un roman de la vie de province, tout à fait exemplaire du réalisme tel que le défendent ses chantres plus célèbres, Balzac ou Stendhal.Sans fioriture et sans ambages, l’auteur y relate le combat quotidien d’une jeune femme, Henriette contrainte par sa famille d’éconduire l’homme qu’elle aime pour épouser un vieillard.

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A. Brontë, La Recluse de Wildfell Hall

La Recluse de Wildfell Hall ne saurait être tenu pour le roman le plus accompli des sœurs Brontë : l’intrigue se dilue parfois dans des longueurs et des digressions qui en affaiblissent la tension.Ce qui n’enlève rien à l’intérêt de l’œuvre, qui s’inscrit pleinement, par son style et son propos, dans la littérature victorienne du XIXᵉ siècle. Le roman empreint d’un romantisme sensible et teinté d’un moralisme pieux est pleinement caractéristique de son époque.Pourtant, à travers le personnage d’Helen, Anne Brontë affirme une vision étonnamment moderne de la femme, bousculant les idéaux victoriens et défiant la morale comme les codes sociaux. L’héroïne ne se limite pas à une fidélité ni à une abnégation héroïques envers son époux : elle se révèle déterminée, indépendante, capable de quitter le domicile conjugal et de tenter de vivre de son art.

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A. Belding Brown, L’Envol du moineau

Amérique : 17e siècle. Mary Rowlandson est l’épouse du pasteur d’une communauté de Presbytériens rigoristes venus d’Angleterre. Sous le joug de son époux, Mary, docile, courbe l’échine, même si les mœurs puritaines de sa famille et de sa communauté la révoltent.Sa vie faite de soumission prend un tournant inattendu lors de l’attaque de son village par les Indiens. Faite prisonnière, elle doit épouser la vie d’errance de la tribu, alors qu’elle devient la servante de Weetamoo, cheffe respectée du clan. Et c’est paradoxalement parmi les « sauvages » que Mary fait l’expérience de l’humanité et l’humanisme et qu’elle apprivoise une toute nouvelle liberté, qu’elle aura a cœur de conserver au moment de son retour à la civilisation.

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G. Baum, A. Piu, Moi, Lubochka

Au début, il n’a pas de nom. Il vit dans la forêt, au rythme immuable des saisons. Il chasse, il pêche dans les rivières glacées. Sa vie est instinct, silence et liberté. Puis la guerre surgit. Elle s’impose à lui par la violence des sensations : l’odeur âcre, les déflagrations, les éclats du feu qui déchirent le ciel. Et puis, la blessure. Le néant.Au cœur de ce fracas, une main se tend. Sergiy. Un soldat qui soigne, qui nourrit, qui initie aux échecs. Qui apaise par la musique. Et qui parle.  Alors l’ours reçoit un nom : Lubochka. Tandis que le langage donne forme au monde et réunit les êtres. L’amitié improbable s’écrit.Mais la guerre ne s’arrête pas. Sergiy doit repartir au front. Dans un geste de protection, Lubochka profite du sommeil de son ami pour lui emprunter armes et uniforme. C’est lui qui partira.

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J. Incardona, Le Monde est fatigué

Êve est une sirène professionnelle qui se donne en spectacle dans les plus grands aquariums du monde. Elle est l’ « icône glamour et artificielle d’un monde fatigué par le trop-plein de désirs », d’argent et de dérives en tout genre.

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J. Incardona, Stella et l’Amérique

Elle n’est ni la plus belle ni la plus futée, Stella. Mais elle est loyale. Et surtout c’est une sainte, une vraie, une qui fait des miracles. Il n’y a qu’à voir ceux qui ressortent de sa caravane. Les aveugles ? Rendus à la vue ! Les paralytiques ? Redressés pour de bon. Un "don"  charnel de guérison qui fait trembler jusqu’au Vatican, où l’on préfère les saintes vierges, pas celles qui monnayent leurs charmes.Dépêchés en Amérique, deux tueurs à gages se lancent aux trousses de la prostituée, bien décidés à la jeter en martyre aux coyotes... Quitte à se frotter à quelques anges gardiens, pas avares sur la multiplication des pains (quatrième de couverture)

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E. Gaskell, Cranford

Cranford est une petite bourgade anglaise où évolue une population presque exclusivement féminine. Et force est de constater qu’il ne s’y passe pas grand chose. Pourtant, c’est avec délice que le lecteur découvre les petits riens du quotidien de ces « amazones », autour d’une tasse de thé - pas trop sucrée, économies domestiques obligent.Ce deuxième roman d’Elizabeth Gaskell a paru en feuilleton en 1851 dans l’hebdomadaire Household Words, une publication sous la direction de Charles Dickens. Il en résulte, malgré une édition revue et corrigée en volume, l’impression d’un roman un peu décousu, dépourvu d’un fil conducteur et d’une intrigue solide.

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M. Mejia, Qui je suis

Une seule question tout au long de ce roman : qui a tué Hattie, jeune fille spirituelle et passionnée, en quête d’indépendance ?

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